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LA VIE À LA LIMITE

Les falaises et le plateau littoral ne sont pas des lieux très accueillants. C’est un espace d’affrontements et de chocs qui met à rude épreuve les capacités d’évolution des différentes espèces. Les conditions variables des marées, les tempêtes, la houle, la salinité, la pluie et le vent en font un espace changeant où ne survivent que les espèces les mieux adaptées. 

En dépit de toutes ces difficultés, la vie nous démontre une fois de plus sa force et sa beauté. Le flysch est aussi un environnement foisonnant de vie.

Les algues se répartissent en fonction de leurs couleurs qui varient du vert foncé au rouge en fonction de leur exposition à la lumière. 

La végétation des falaises est très rare et spécialisée jusqu’à la partie supérieure où croissent des bruyères et des cytises épineux balayés par le vent.

Les cnidaires utilisent leurs tentacules venimeux pour capturer des crevettes grises ou de petits poissons en quête d’un refuge. La tomate de mer replie complètement ses tentacules à marée basse pour conserver l’humidité.

Les crustacés sont très petits, comme le minuscule crabe porcelaine. Leurs formes sont aussi variées qu’étonnantes. Le plus gros d’entre eux est l’étrille qui doit effectuer 11 mues au cours de sa première année avant d’atteindre sa taille adulte.

Les nudibranches sont des mollusques qui se sont débarrassés de leurs coquilles pour accroître leur mobilité, ce qui les laisse nus et sans aucune protection. Leur technique de survie consiste à jouer avec la couleur. Certains se camouflent et passent totalement inaperçus tandis que d’autres se parent de couleurs vives pour impressionner et laisser croire qu’ils pourraient être toxiques, ce qui n’est pas le cas.

Le poulpe est le roi de l’estran. Son corps mou lui permet de se réfugier dans de petites cavités et d’adhérer aux rochers à l’aide de ses ventouses qu’il utilise aussi pour capturer ses proies. Lorsqu’il se sent menacé, il colore sa peau, la fait scintiller, et lance de l’encre noire pour désorienter ses prédateurs.

Les échinodermes sont connus pour leur beauté, leurs formes et leurs couleurs. Les oursins, protégés par leurs piquants, sont les plus nombreux, mais on trouve aussi des étoiles de mer et des ophiures.

L’holothurie, également connue sous le nom de concombre de mer, ressemble à un animal de fiction. Elle est capable de se défaire de ses propres viscères pour distraire un prédateur et de les régénérer complètement en l’espace de deux semaines, avant de reprendre une vie normale.

Les poissons qui vivent là sont très petits, mais ils se sont très bien adaptés à la vie dans l’estran. Le lepadogaster a transformé ses nageoires en ventouses pour résister à la force des vagues.

Le Cantabrique est une sorte de carrefour où les oiseaux marins de l’Atlantique nord et ceux de Méditerranée se rejoignent. La principale raison de leur migration est toujours la recherche de nourriture. Si nous regardons attentivement avec de bonnes jumelles, nous pourrons observer un spectacle intéressant au-dessus des eaux des notre littoral.

Le faucon noir est un bolide implacable. Il utilise ses griffes pour poignarder ses proies en vol et descend en piqué à plus de 300 km/h. Le faucon crécerelle se maintient en vol stationnaire pour observer le sol avant d’attaquer des insectes, des reptiles, et de petits mammifères. 

Les cétacés font généralement leur apparition sur nos côtes pour y poursuivre de bancs de maquereaux ou d’autres espèces migratoires. Il arrive parfois que l’un d’entre eux s’égare et vienne s’échouer sur la côte.


Les falaises

La vie à la verticale

La vie sur les falaises est difficile et instable. Le flysch s’écroule, le sol disponible est très réduit, et le sel imprègne tout. Dans sa partie inférieure, la houle impose des conditions particulièrement difficiles, mais même là, la vie se fraie un chemin. 

Hors d’atteinte des vagues, les plantes poussent dans les petites entailles et les surplombs et gonflent leurs feuilles pour s’adapter au manque d’eau. Et si vous apercevez un bolide volant, il s’agit du faucon pèlerin qui niche sur les parois les plus abruptes. Encore une belle illustration de l’évolution.

L’estran

La vie mouvante

La marée monte et descend toutes les 6 heures, découvrant l’estran deux fois par jour. La vie marine se trouve emprisonnée dans de petits bassins où l’humidité, la température, la salinité, l’oxygénation et l’exposition au soleil ne cessent de varier.

Chacune de ces flaques est un petit laboratoire de survie. Certaines espèces changent de forme ou se cachent, d’autres utilisent cet espace pour capturer leurs proies, et il y en a même qui sont capables de survivre hors de l’eau. Le poulpe est le roi de la plateforme littorale dont il incarne le plus haut degré d’évolution.