DES TRACES ÉNIGMATIQUES
La vie dans les profondeurs est très difficile. L’obscurité y est totale et les nutriments sont rares. Mais le flysch va encore nous surprendre, notamment avec des formes mystérieuses.
Ses couches sont remplies de traces d’organismes qui se déplaçaient dans les sédiments du plancher océanique en formant des galeries et des pistes. Certains ont laissé des traces aux formes très particulières, voire énigmatiques. On les appelle des ichnofossiles. Grâce à eux, on peut observer le comportement adopté par certaines espèces pour survivre dans les profondeurs marines en filtrant des sédiments, en creusant des tunnels ou en créant des pièges.
Ichnofossiles
Le flysch du Géoparc est une référence mondiale en matière d’étude des traces marines profondes. On y a découvert plus de 40 ichnofossiles différents, dont certains sont vraiment exceptionnels. C’est aussi là qu’ont été décrites pour la première fois les traces énigmatiques du Rotundusichnium Zumayensis avant d’être retrouvées dans différents points du globe.
Saerichnites Abruptus
C’est la trace la plus grande et la mieux conservée jamais documentée à l’échelle mondiale. Il s’agit d’un tunnel creusé par un organisme dans les sédiments à faible profondeur. De part et d’autre de ce tunnel partent par intermittence des galeries verticales qui remontent vers la surface.
Paleodictyon
C’est une des traces les plus mystérieuses, de forme parfaitement hexagonale. On sait qu’elle existe depuis 500 millions d’années, mais jusqu’à présent on n’a pas pu la retrouver dans les fonds marins actuels. Elle fonctionnait peut-être comme un piège pour « cultiver » des bactéries ou attraper des aliments.
Spirorhaphe involuta
Une trace en forme de spirale. Pour s’alimenter, cet organisme perforait les sédiments en spirale en décrivant un mouvement de va-et-vient.
Zoophycus
C’est une galerie d’alimentation et d’extraction en forme de spirale que l’on pourrait comparer à un tire-bouchon. C’est l’œuvre d’une colonie qui vivait dans les sédiments marins et qui les ratissait méthodiquement.
Rotundusichnium zumayensis
Cette forme énigmatique faite d’anneaux concentriques resserrés est assez difficile à interpréter. C’est un véritable trésor. Il est extrêmement rare d’en trouver, car elle très sensible à l’érosion. Elle fut découverte pour la première fois en 1946, à Zumaia, par Joaquín Gomez de Llarena.
Chondrites
Trace ramifiée dont le tracé complexe évoque une algue. Elle est formée de petites galeries d’alimentation et possède une particularité : l’organisme qui la produit ne traverse jamais une galerie qu’il a déjà tracée.
Helminthorhaphe
Trace en forme de labyrinthe. On suppose qu’il s’agit des traces laissées par une annélide qui s’alimentait en filtrant les sédiments.
Scolicia
C’est une des traces les plus courantes dans le flysch. Elle est formée par le déplacement d’un échinide que l’on trouve encore dans les mers tempérées du Sud-est asiatique. La réplique exposée dans l’escalier est un échantillon exceptionnel.